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L'Algérie

Musique: Alice Dona  "l'ami"
 

Dans ce port nous étions des milliers de garçons
Nous n'avions pas le cœur à chanter des chansons
L'aurore était légère, il faisait presque beau
C'était la première fois que je prenais le bateau

L'Algérie
Ecrasée par l'azur
C'était une aventure
Dont on ne voulait pas
L'Algérie
Du désert à Blida
C'est là qu'on est parti jouer les petits soldats
Aux balcons séchaient draps et serviettes
Comme en Italie
On prenait des vieux trains à banquettes
On était mal assis
L'Algérie
Même avec un fusil
C'était un beau pays
L'Algérie

Ce n'était pas un port à faire du mélo
Et pourtant je vous jure que j'avais le cœur gros
Quand on a vu le quai s'éloigner, s'éloigner,
Y en a qui n'ont pas pu s'empêcher de pleurer

L'Algérie
Ecrasée par l'azur
C'était une aventure
Dont on ne voulait pas
L'Algérie
Du désert à Blida
C'est là qu'on est parti jouer les petits soldats
Nos fiancées nous écrivaient des lettres
Avec des mots menteurs
Le soir on grillait des cigarettes
Afin d'avoir moins peur
L'Algérie
Même avec un fusil
C'était un beau pays
L'Algérie

Un port ce n'est qu'un port, mais dans mes souvenirs
Certains soirs malgré mois je me vois revenir
Sur le pont délavé de ce bateau prison
Quand Alger m'a souri au bout de l'horizon

L'Algérie
Écrasée par l'azur
C'était une aventure
Dont je ne voulais pas
L'Algérie
Du désert à Blida
C'est là que j'étais parti jouer les petits soldats
Un beau jour je raconterai l'histoire
A mes petits enfants
Du voyage où notre seule gloire
C'était d'avoir vingt ans
L'Algérie
Avec ou sans fusil
ça reste un beau pays
L'Algérie
 


L'amour… L'amour… L'amour

 

Paroles : Serge Lama – Musique :

 

 

De bec de gaz en bec de gaz

On s'est aimés comme des chiens

Sans même l'ombre d'une phrase

Sans même l'ombre d'un chagrin

C'est-y pas vrai ?

On n'était pas du genre qui cause

J'aimais tes reins, j'aimais tes seins

Les mots d'amour viennent, moroses

Quand l'amour ne sert plus à rien

C'est-y pas vrai ?

L'amour... L'amour... L'amour

L'amour tout cru

L'amour tout court

Je t'aime à en crever

Je t'aime à me lever

À me relever la nuit

Pour te faire l'amour

L'amour...

De bec de gaz en bec de gaz

Je titubais jusqu'à chez moi

Je bousculais tout au passage

Quand j'étais pressé d'être à toi

C'est-y pas vrai ?

À la fois rebelle et soumise

Sous mes doigts comme un flamenco

Je sentais bondir ta chemise

Tu frémissais comme un taureau

C'est-y pas vrai ?

L'amour... L'amour... L'amour

L'amour

L'amour tout cru

L'amour tout court

Je t'aime à en crever

Je t'aime à me lever

À me relever la nuit

Pour te faire l'amour

L'amour... L'amour... L'amour...

L'amour... L'amour... L'amour tout cru

L'amour tout court

Je t'aime à en crever

Je t'aime à en crever

 


L’amour avec elle

Paroles : Serge Lama - Musique: Yves Gilbert

 

J’ai refait l’amour avec elle

Et depuis lors je sais qu’elle
Est la seule qu’il me faut
J’ai refait l’amour avec elle
Et j’en garde des séquelles
Aux quatre coins de ma peau
Est-ce un amour providentiel
Est-ce un coup fourré du ciel
Qui me provoque à nouveau
C’est si chaud, c’est si sensuel
L’amour avec elle
J’ai refait l’amour avec elle
Et depuis lors je sais qu’elle
Est la seule qu’il me faut
J’ai refait l’amour avec elle
Et j’en garde les séquelles
Aux quatre coins de ma peau
C’est la gouache sous l’aquarelle
L’archet sur le violoncelle
Le calme sous le tempo
C’est si doux, c’est si naturel
L’amour avec elle
J’ai refait l’amour avec elle
Et depuis lors je sais qu’elle
Est la seule qu’il me faut
J’ai refait l’amour avec elle
Et j’en garde les séquelles
Aux quatre coins de ma peau
J’étais comme un oiseau sans ailes
durant ces années sans elle
Je me suis senti en trop
Alors, j’ai refait de plus belle
L’amour avec elle
Un aéroport, une étreinte
Et ses bracelets qui tintent
Au rendez-vous de nos mains
Son visage qui s’écarlate
Et ses yeux noirs où éclate
Une fleur jaune soudain
Il a suffit d’une étincelle
Pour réveiller les vieilles nuits
Et le champagne qui ruisselle
Et nos corps qui chancellent
Et la fin de l’ennui
J’ai refait l’amour avec elle
Et depuis lors je sais qu’elle
Est la seule qu’il me faut
J’ai refait l’amour avec elle

Et j’en garde les séquelles
Aux quatre coins de ma peau
L’amour est quelquefois cruel
Mais je sais que ce duel
Avec elle est un duo

C’est l’essence de l’essentiel
L’amour avec elle

 


L'archevêque

 

 

Nous ne sommes pas fait

Ni pour les uns ni pour les autres

L'archevêque n'est pas d'accord

Et les petits enfants

Ne pourront pas être les nôtres

Ton père m'a refusé ton corps

Nous ne sommes pas nés

Sous la même étoile

Nous ne sommes pas nés

Sous le même univers

Les étoiles d'ici appartiennent à ton père

C'est à peine si j'ai

Une bougie à moi

Nous ne pourrons jamais

Vivre ensemble ma douce Elvire

L'archevêque me l'a bien dit

Nous ne bâtirons pas

Jour après nuit le même empire

Ton père a son empire à lui

Nous ne sommes pas nés

Sous la même lumière

Dieu n'éclaire à la fois

Qu'un côté de la terre

La lumière d'ici appartient à ton père

C'est à peine si j'ai

De quoi voir clair en moi

C'est pour ça que nous deux

Ce soir on va quitter ce monde

L'archevêque nous en voudra

Mais je ne pouvais pas

Devenir riche en deux secondes

Ton père ne le comprendrait pas

Nous ne serons pas morts

Comme on meurt dans l'histoire

Nous ne seront pas morts

Couverts d'or et de gloire

Mais mourir au combat

C'est un sort pour ton père

La seule chose que j'ai

C'est de mourir pour toi

 


 

La cathédrale

 

Serge Lama - Christian Gaubert

 

 

La première fois que l'on vient

Un homme nous tient dans ses mains

La tête haute sous les arches

Tout comme un président qui marche

Il nous conduit devant l'autel

Pour nous faire bénir des statues

Nos mères ont mis leurs plus beaux voiles

Pour entrer dans... la cathédrale

La deuxième fois que l'on vient

On a un missel à la main

Et d'un pas léger sous les arches

On dirait un oiseau qui marche

On s'avance devant l'autel

Sous le regard froid des statues

On a une aube en guise de voile

Pour entrer dans... la cathédrale

La troisième fois que l'on vient

On a une main à la main

Le pas résigné sous les arches

Tout comme un prisonnier qui marche

On la conduit devant l'autel

Droite, fière comme une statue

Elle a drapé son corps d'un voile

Pour entrer dans... la cathédrale

La dernière fois que l'on vient

On a un chapelet à la main

Et le dos voûté sous les arches

Une troupe d'hommes qui marche

Va déposer devant l'autel

Notre corps changé en statue

Nos femmes ont teint de noir leurs voiles

Pour entrer dans... la cathédrale

L'année suivante à la Toussaint

Nos amis qui nous aiment bien

Mais qui savent qu'a sonné l'heure

De consoler celle qui pleure

La conduiront dans un hôtel

Et comme ça n'est pas une statue

Ils la dépouilleront de ses voiles

Pour entrer dans... la cathédrale

 

 


 

La chanson des pêcheurs

 

Serge Lama - Yves Gilbert

 

 

J'arrivais tous les matins de bonne heure

Acheter la pêche aux pêcheurs,

Puis j'étalais mes cageots de poissons

Juste là devant ta maison

Il y avait la mer, les bateaux qui rentraient

Il y avait le soleil qui pointait

Il y avait du vent, les voiles qui claquaient

Et les femmes qui attendaient.

Deux heures après encore mal réveillée

Tu venais pour faire ton marché

Je te vendais mes plus jolis poissons

Puis tu rentrais dans ta maison

Il y avait, la mer, les bateaux qui dansaient

Il y avait le soleil qui montait,

Il y avait du vent, les drapeaux qui claquaient

Et tous les pêcheurs qui dormaient

De pêche en pêche, de marché en marché,

Sou, par sou, année par année

J'ai tant vendu de cageots de poissons

Que j'ai pu bâtir ta maison

Au mois de juin quand on s'est marié

Sur la grande place du marché.

Il y avait du vent, ta robe qui claquait

Et tous les pêcheurs qui chantaient...

 

 


 

La crainte et les intérêts

 

 

Les deux leviers de la puissance

Sont la crainte et les intérêts

L'Italie, la Prusse et la France

Sont en accord sur ce sujet

Sur ce point pas besoin de guerre

Les princes ont les mêmes idées

On peut tenir toute la terre

Par la crainte et les intérêts

C'est l'alternative des hommes

Les uns peureux comme des chiens

Suivront toujours ceux qui ordonnent

D'autres suivront l'appât du gain

Le Pape ainsi gouverne à Rome

Le fermier sur les paysans

Il faut pour dominer les hommes

Ou de la poigne ou de l'argent

Sur ce point pas besoin de guerre

Les princes ont les mêmes idées

On peut tenir toute la terre

Par la crainte et les intérêts

L'apparence d'une couronne

Ou l'espérance d'un palais

Jettent dans vos bras le même homme

Le même qui vous combattait

La puissance est une promesse

A l'un de le mettre en prison

A l'autre que de nos largesses

Il ne verra jamais le fond

Sur ce point pas besoin de guerre

Les princes ont les mêmes idées

On peut tenir toute la terre

Par la crainte et les intérêts

Avec de l'argent on achète des fouets

Avec ses fouets on obtient de l'argent

Pour acheter les fouets qui obtiennent l'argent

Et avec cet argent on achète les fouets

 


 

La crise de nerf

 

Paroles : Serge Lama – Musique : Yves Gilbert - J.-C. Petit

 

 

Depuis qu'elle a sa crise de nerf

Madame est bien contente

Elle ira à Cannes cet hiver

Et monsieur se tourmente

Et derrière ses gros dossiers

Il est drôlement inquiet

Monsieur,

Faudra qu'il fasse des heures en plus

Pour se payer l'autobus

Monsieur.

Depuis qu'elle souffre du cœur

Madame est bien contente

D'après ce qu'a dit son docteur

Elle est presque impotente

Il écrivait à sa traînée

Qu'il voulait divorcer

Monsieur

Avec Madame malade à vie

Il a changé d'avis

Monsieur

Depuis qu'elle a sa crise de nerf

Madame est bien contente

Jour après jour son petit notaire

Va falloir qu'il argente

Pas question de jouer du piano

En sortant du bureau

Monsieur

Depuis que Madame est au lit

Faut faire Guili-guili

Monsieur

Quand il sera à bout de nerf

Madame sera contente

Quand il sera mort, son petit notaire

Elle touchera la rente

En attendant, elle est au lit

Et pour les pissenlits,

Monsieur,

Tu les boufferas par les deux bouts

Par en dessus par en dessous

Monsieur

 

 


La femme qu'on aime

 

Serge Lama - Yves Gilbert

 

 

Tu es la reine de ma ruche

Et comme la première fois

Mon cœur trébuche

Au cœur de toi.

Et pourtant mon Dieu, que d'absences

Et que de larmes contenues

Dans tes silences

Qui donc es-tu?

Connaît-on la femme qu'on aime

Après plus, plus de vingt ans

Sans doute pas plus que soi-même

Pourtant...

Tu es la reine de ma chambre

Et comme la première fois

Tu fais Décembre

Quand tu t'en vas.

Et pourtant mon Dieu que de guerres

Et que de morts inavouées

Au cimetière

De tes pensées.

Connaît-on la femme qu'on aime

Après plus, plus de vingt ans

Sans doute pas plus que soi-même

Pourtant...

Tu es la reine d'un royaume

Dont je ne serai jamais roi

Et mon "at home"

Il est chez toi.

Que Dieu fasse que je te donne

Après tellement d'années d'enfer

Un bel automne

Avant l'hiver.

Aime-t-on la femme qu'on aime

Après plus de vingt ans

A peu près autant que soi-même

Le temps

Nous fait récolter ce qu'on sème

Longtemps...

 

 


 

La fiancée

 

Paroles : Serge Lama – Musique : Jacques Datin

 

 

Timidement, les yeux baissés,

Elle est venue la fiancée

Dedans l'appartement de l'homme,

Elle est là pour lui faire plaisir

Et pour répondre à son désir,

Elle est là pour l'amour en somme.

Il lui a dit: "je t'aime,

Viens donc chez moi",

Elle lui a dit: "je t'aime"

Et la voilà...

Elle est entrée et elle a vu

Le lavabo blanc et la rue

Pâle et grise par la fenêtre,

Des journaux, des mégots partout,

Elle a senti comme un dégoût,

Mais elle n'a rien laissé paraître.

Il lui disait "je t'aime

Assied toi là", elle lui disait: "je t'aime

C'est beau chez toi".

Puis, il a dénoué ses cheveux,

Déboutonné sa robe bleue,

Il a embrassé sa médaille,

Puis il est entré dans son corps,

Et encore, encore, et encore,

Il lui a fait comme une entaille.

Il lui disait "je t'aime"

Du bout des doigts,

Elle répondait: "je t'aime,

Enfin, je crois".

Elle a fait ce qu'il lui a dit,

Elle a pleuré, puis elle a ri,

Puis elle a fait semblant de geindre,

Il était content, si content,

Il n'avait pas perdu son temps,

Il aurait eu tort de se plaindre.

Il lui criait: "je t'aime,

Caresse moi", elle répétait "je t'aime",

Mais elle avait froid.

Puis elle a renoué ses cheveux,

Reboutonné sa robe bleue,

Elle a rajusté son corsage,

Puis elle est rentrée dans l'hiver

Avec son jupon de travers,

Fin prête pour le mariage

Avec un goût amer

Dans ses pensées,

Elle a étreint sa mère,

La fiancée.

 

 

 


La fille dans l'église

 

Paroles : Serge Lama – Musique : Alice Dona

 

 

Elle est entrée dans l'église,

La cigarette à la main,

Les seins nus sous la chemise,

Et l'air de s'en foutre bien.

Elle est entrée dans l'église,

La cigarette à la main,

Les seins nus sous la chemise,

Et l'air de s'en foutre bien.

Elle a regardé l'église

Avec ses yeux délavés,

En caressant sa chemise

Pour s'aider à mieux rêver.

Elle a jeté la cigarette,

Parce qu'elle lui brûlait la main,

Sans même baisser la tête;

C'est son pied qui l'a éteint.

Mais qui donc, qui donc était elle?

Parmi ces statues, ces saints,

C'est elle qui avait des ailes,

Elle qui parlait latin.

Allez donc dire à vos papes,

À vos saintes sacristies,

Que j'ai vu une fille en savates,

Qui ressemblait à Marie.

Qu'elle est entrée dans l'église,

La cigarette à la main,

Les seins nus sous la chemise,

Et l'air de s'en foutre bien.

Elle est entrée dans l'église,

La cigarette à la main,

Les seins nus sous la chemise,

Et l'air de s'en foutre bien

 


La french nana

 

 

Il y a des sujets qu'on ne devrait pas traiter,

Qu'il faudrait retraiter,

Qu'on devrait mal traiter,

Sans appuyer, je vais vous raconter

Ce qui m'est arrivé

Avec une danseuse qui m'invita un jour

À venir faire un tour et même plusieurs,

Dans sa chambre d'amour.

REFRAIN:

L'était pas fraîche, fraîche, fraîche,

La french nana,

Messieurs, mesdames,

Pardonnez-moi,

Mais j'ai attrapé ce soir là,

Un rhume du genre qu'on ne dit pas,

L'était pas fraîche, fraîche, fraîche,

La french nana.

Pas la peine de me questionner,

Je ne vous dirai pas qui c'était,

Je suis peut-être vulgaire,

Mais je suis discret.

Y a des sujets qui présentent un danger,

Vaut mieux pas s'allonger

Sur un mauvais sujet,

J'espère d'ailleurs

Que le public en chœur

Rejettera sur l'heure

Cette chanson honteuse,

N'empêche que depuis le jour

Qu'elle m'a dit bonjour,

Elle court, elle court,

La maladie d'amour.

REFRAIN

Je peux seulement vous affirmer:

Qu'elle n'était pas fraîche, fraîche, fraîche,

La french nana

 

 


La fronde

 

Paroles : Serge Lama – Musique : Yves Gilbert - J.-C. Petit

 

 

 

J'ai armé de pierre ma fronde

Pour tuer je ne sais trop quoi

Peut - être un jour dans l'autre monde

Un ange me dira pourquoi

Le paradis n'est - il qu'un leurre

Le ciel est - il peuplé ou pas

Je garderai ce que j'en pense, pour moi

Je vis entouré de ma bande

De conseilleurs et de payeurs

Qui fait triompher la légende

Qui dit qu'un artiste a du cœur

Si j'ai du cœur c'est par faiblesse

Par peur de rentrer seul chez moi

Mais tout ça n'a de l'importance, que pour moi

Entre la caresse et l'insulte

Entre le poivre et puis le miel

Depuis que je deviens adulte

Les gens me traitent comme tel

Je prends sur le quai de la gloire

Un rapide qui ne part pas

Mais tout ça n'a de l'importance, que pour moi

Depuis que mes amis redressent

Leurs colonnes bouffies d'orgueil

Tous les compliments qu'ils m'adressent

Me laissent de plus en plus seul

Et dans mon lit à colonnades

Malgré leur tendresse j'ai froid

Mais tout ça n'a de l'importance, que pour moi

Depuis que les femmes se couchent

Comme des roseaux devant moi

Depuis que les femmes ont leurs bouches

Suspendues au fil de ma voix

Délestés de leur innocence

Mes ballons rouges volent bas

Mais tout ça n'a de l'importance, que pour moi

Voici la borne fatidique

L'arrêt d'autobus du destin

Une flèche vers l'Amérique

Met mon dos au quartier latin

J'ai raclé le fond de mon âme

Pour m'offrir ce cadeau de roi

Mais tout ça n'a de l'importance, que pour moi

 


La musique et l'amour

 

 

Je lui mets en sourdine une cassette de Gainsbourg

Et sur la Moleskine, je la...

L'album "Love on the beat" en trente trois petits tours

Je me suis fait toutes les faces de Gainsbourg

Elle me dit "change de disque ça me met mal à l'aise"

J'obtempère aussitôt, je la re...

Je mets sur ma platine un Bowie pas dégueu...

Elle fantasme et se jette sur ma...

La musique et l'amour c'est la vie

Si t'es timide ou pire

Si tu sais pas quoi dire

Chante donc à tous tes vis à vis

La musique et l'amour c'est la vie.

Elle me dit "supertramp", j'en ai un peu ma tire

On descend dans ma caisse, je le re...

Elle me dit "love me tender" et je lui mets le king

"Ok ça me branche bien les parkings"

Je lui passe mon walkman, on va faire un petit tour

Sur la plage on a refait l'amour

Entre deux corps à corps, je lui glisse n mot d'amour

Heureusement que le walkman ça rend sourd

La musique et l'amour c'est la vie

Si t'es timide ou pire

Si tu sais pas quoi dire

Chante donc à tous tes vis à vis

La musique et l'amour c'est la vie.

Quand elle s'est réveillée, elle m'a dit "c'est super

Le cri des mouettes, le sable et la mer"

Puis elle a murmuré d'une voix inassouvie

"La musique et l'amour c'est la vie"

La musique et l'amour c'est la vie

Si t'es timide ou pire

Si tu sais pas quoi dire

Chante donc à tous tes vis à vis

La musique et l'amour c'est la vie.

 

 


La nymphomane

 

 

Qu'ai je fait au ciel

Qu'ai je fait,

Pour tomber amoureux d'un être

Dont les sens ne sont satisfaits

Qu'après plusieurs heures de bien être!

Je suis à plat,

Je suis crevé

Et de nuit en nuit je m'étiole,

J'ai beau manger et remanger

Je perds un kilo par soirée,

Je crois bien qu'elle ne dort jamais,

Toutes les nuits, toutes les heures,

Elle frappe à mon cœur.

Aurais un jour assez d'amis

Pour juguler son appétit

Aurais je un jour assez d'ami

Pour apaiser ses insomnies

C'est pas bon,

C'est pas bon du tout

De ne pas dormir auprès de sa blonde

Et bien que je sois très jaloux

J'aimerais parfois qu'on me seconde..

C'est ma hantise, tous les soirs

Quand sur ma bouche elle se colle,

Quand je pense qu'il y a des veinards

Qui ne font ça que le samedi soir.

Je crois bien qu'elle ne dort jamais,

Toutes les nuits, toutes les heures,

Elle frappe à mon cœur.

Aurais un jour assez d'amis

Pour juguler son appétit

Aurais je un jour assez d'ami

Pour apaiser ses insomnies?

Le dimanche, c'est pire encore

Pas question de matinée grâce

Elle s'occupe de mon petit corps

Jusqu'à ce que je demande grâce

Le lundi je suis exténué

Et sur mon bureau je somnole

Quand je pense qu'il y a des cinglés

Qui payent pour voir ça au ciné...

Je crois bien qu'elle ne dort jamais,

Toutes les nuits, toutes les heures,

Elle frappe à mon cœur.

Aurais un jour assez d'amis

Pour juguler son appétit

A voir vos mines réjouies

Y'a des jours, j'ai bien peur que "oui"!!!

 

 


La plus belle de Paris

 

C'est la plus belle de Paris

C'est la plus belle de Paris

C'est la plus belle de Paris

C'est la plus belle de Paris

C'est un nonchalant de créole

Au fond de neige aux yeux bleus gris

Légère comme ses paroles

Juteuse et tendre comme un fruit

C'est la plus belle de Paris

Elle s'appelle Joséphine

Elle a une fille et un fils

Et ce n'est pas la guillotine

Veuve joyeuse qui s'ennuie

C'est la plus belle de Paris

C'est la plus belle de Paris

C'est la plus belle de Paris

C'est la plus belle de Paris

Vite vite il me faut la prendre

Et dans mon cœur et dans mon lit

Devant le maire sans attendre

Avant d'aller en Italie

Il faut que je me la marie

Il faut que je me la marie

Il part par un petit froid pluvieux

Entouré de quatre témoins

En ce faisant attendre un peu

Devant le maire il prit sa main

Il partit le surlendemain

Pour l'Italie

Pour l'Italie

Pour l'Italie

Pour l'Italie

C'est la plus belle de Paris

C'est la plus belle de Paris

C'est la plus belle de Paris

C'est la plus belle de Paris

C'est un nonchalant de créole

Au fond de neige aux yeux bleus gris

Légère comme ses paroles

Juteuse et tendre comme un fruit

 

 


La serveuse de bar

 

Attendez donc disait la fille

En enlevant son tablier

Avec le teint blafard

Des serveuses de bars

Quand il fait un peu tard.

Il faisait chaud, il faisait noir

Debout derrière le comptoir.

Il faisait chaud il faisait bon

Contre le ventre du patron

Il avait une ride au cou

Qui avait bon goût.

Attendez donc disait la fille

En s'accrochant de tout son corps

Attendez pas encore

Pleurant de tout son far

Au milieu des pourboires

Il faisait chaud il faisait lourd

Il la serrait dans ses genoux

Il faisait chaud il faisait bon

Les cheveux leur collaient au front

La rosée qui mouillait leurs joues

Avait bon goût.

Emmène moi disait la fille

En rajustant son tablier

Avec les yeux hagards

Des serveuses de bars

Quand l'amour se fait tard

Il faisait chaud il faisait beau

Il a fermé le vieux bistro

Il faisait chaud

Il faisait beau

Ils sont partis sur sa moto

Le soleil qui brûlait leurs joues

Avait bon goût

 

 


La vie simple et tranquille

 

Je ne pourrai jamais être celui qui reste

Jamais au même endroit poser la même veste

J'ai envie de rester, mais je ne reste pas

A peine suis-je assis que j'espère mon pas

Pourtant la vie est là

La vie simple et tranquille

Peut être, mais je ne peux pas

Être immobile

Je ne pourrai jamais vivre dans la coquille

De ces cercles étroits qu'on appelle famille

Mon fils d'ailleurs, déjà il emboîte mon pas

Quand je le serre trop, il crie "coincé papa"!

Pourtant l'amour est là

L'amour simple et tranquille

Peut être, mais je ne sais pas

Être immobile

L'amour, ni vous ni moi, nous ne pouvons l'atteindre

Il est là-haut, l'amour, au-delà des cylindres

On ne peut pas l'atteindre, et on ne le doit pas

L'amour, il est toujours là-bas, là-bas, là-bas

C'est pourquoi je ne peux être de ceux qui restent

Ma veste, je la pose, et je reprends ma veste

Voilà, ma vie est là

La vie simple et tranquille

Et c'est pourquoi fidèle, on me voit tous les soirs

Et vous dire bonjour, et vous dire bonsoir...

 

 


La voisine

 

Paroles : Serge Lama – Musique : Y. Spanos

 

 

Tu enlèves ton jupon noir,

Comme un masque enlève son loup

Ton mari au fond du couloir

S'il savait en serait jaloux

Des étincelles de printemps

Me montent des reins jusqu'au cœur

Y'a que les femmes de 30 ans

Pour vous donner tant de bonheur

Douce comme la confiture

Et le pain beurré du matin

Comme elle douce la blessure

Que je caresse de la main

Je te donnerai sans ambages

Tous les bons dieux sans communier

Quand tu tournes les meilleurs pages

Du livre de la volupté

Rien qu'à te voir a moitié nue

Ouvrir le réfrigérateur

Voilà qu'une source inconnue de désir

M'envahit le cœur

L'amour ce n'est souvent qu'un mot

Suivant qui l'on tient dans ses bras

Mais quand on a la même peau

L'amour on ne pense qu'à ça.

Ton mari peut bien se blottir

Toutes les nuits contre ton dos

Ton corps ne peut appartenir

Aux hommes qui se lèvent tôt.

Demain nous prendrons le café dans ma cuisine tous les deux

Et nous aurons un jour entier pour jouer à nos petits jeux.

Un courant d'air par la fenêtre sèche la sueur de nos corps

C'est comme un souffle de bien-être

Qui nous arrive du dehors

Parfois tu gardes ta fourrure

Je t'y prends comme dans un nid

Parfois tu me couvres d'injures,

Parfois tu m'appelles chéri

Quand tes ongles sont revernis

Lorsque tu t'es remaquillée

Tu rentres faire dîner celui qui va rentrer de travailler

Et moi j'attends ma dactylo qui rentre plus tard au mois d'Août

Comme elle est crevée de boulot,

Je pourrais dormir tout mon soûl

 

 


Le barbier de Belleville

 

 

Je suis le roi du ciseau,

De la barbiche en biseau.

Je suis le barbier de Belleville.

Des petits poils jusqu'aux cheveux,

Je fais vraiment ce que je veux.

J'ai toujours été hanté

Par le désir de chanter

Manon, Carmen ou Cor Neville

Alors, avouez que c'est râlant

D'avoir la vocation sans le talent.

Je n'ai pas de voix.

J'essaye, quelquefois,

Mais ça ne vient pas.

Je ne suis pas doué pour l'opéra.

Les clients me comparent au

Fameux raseur Figaro.

Je ne suis que le barbier de Belleville.

Je peux vous passer un shampooing,

Mais vous faire un cours de chant, point.

Je suis, je prends les paris,

Le meilleur de tout Paris.

Pour tous les goûts, dans tous les styles,

Je fais un métier que j'adore

Mais je voudrais chanter toréador.

Je n'ai pas de voix.

J'essaye, quelquefois,

Mais ça ne vient pas.

Je ne suis pas doué pour l'opéra.

C'est comme ça, je ne suis ni

Caruso ni Rossini.

Je suis le barbier de Belleville.

Je ne serai jamais, hélas,

Le partenaire de la Callas.

Alors, de mon bistouri,

Je taille les favoris

Des bonnes gens de la grande ville

En rêvant que je suis à la

Salle Garnier ou bien à la Scala.

Je n'ai pas de voix.

J'essaye, quelquefois,

Mais ça ne vient pas.

Je ne suis pas doué pour l'opéra.

 

 


 

Le bohémien

 

Serge Lama - Alice Dona

 

 

J'aime ceux là

Qui quelques fois

Me réchauffent en ayant l'air d'avoir froid

J'aime ceux là

Qui sont lézardés d'amour par endroit

J'aime leur vie

J'aime leur voix

J'aime même leur blasphèmes,

Oui je les aime

J'aime ceux là

Dont les yeux froids

Vous évitent et agrippent à la fois

J'aime ceux là

Ces oiseaux là

Bohémiens pauvres mais jamais Loufiats

J'aime leur faim

J'aime leur foi

J'aime même leur bohème

Oui je les aime

Toi qui es là

Entre mes bras

N'essaie pas de me garder malgré moi

Ils sont en moi

Ces hommes là

Moi qui n'ai quitté ma mère qu'une fois

Laisse tes doigts

Courir sur moi

Car je m'en irai quand même

Même si je t'aime

Et même s'ils n'existent pas.

 

 


Le chanteur

 

On a collé l'autre jour ses photos dans les rues

Ça faisait presque deux ans qu'il n'était pas venu

Dans les théâtres l'hiver

Il nous invente la mer

L'été sous les chapiteaux

Il nous fait les oiseaux.

Sous le soleil ambulant de quelques projecteurs

Il se fait bronzer tous les soirs sur le coup des onze heures.

Il nous fait croire un moment

Qu'il est devenu notre amant

Juste le temps c'est bien court

D'une chanson d'amour

On est venu ce soir voir le chanteur

Le chanteur qu'il faut voir celui qui rit celui qui pleure

Si l'on en croît les journaux on le verra debout

Après l'avoir attendu les deux pieds dans la boue

Comme on sera pas bien placé

On en verra que la moitié

Mais la moitié qu'on verra

On s'en contentera

On est venu ce soir voir le chanteur

Le chanteur qu'il faut voir celui qui rit celui qui pleure

Vers les minuit et demi finira le hasard

On l'emportera chez nous au fond de nos mémoires

Peut-être que lui aussi

Nous emportera chez lui

Pour effeuiller nos mémoires

Nos visages d'un soir

On est venu ce soir voir le chanteur

Le chanteur qu'il faut voir celui qui rit celui qui pleure

On est venu ce soir voir le chanteur

Et il peut bien pleuvoir le cœur rempli d'espoir

On est venu ce soir voir le chanteur

 

 


Le grand amour

 

 

Tu m'embrasses, tu es là, épuisée de joie.

Ça existe, je n'y croyais pas, ces choses là..

Tu m'enlaces, je suis là, je m'éveille en toi

Comme un arbre, qui porte la joie,

Jusqu'au bout des doigts.

Je m'en fous si ce n'est pas vraiment le grand amour,

Tu m'as ouvert toutes les portes du soleil

Quand mes nuits s'éclairent, comme s'il faisait grand jour,

Je m'en fous pas mal du grand amour,

Je m'en fous si ce n'est pas vraiment le grand amour,

Tu m'as ouvert un ciel ou nagent des oiseaux.

Quand tu cries je t'aime, comme on crie "au secours"

Je m'en fous pas mal du grand amour.

Tu ruisselles, sous mes doigts, quand j'allume en toi

L'étincelle, de cette enfant là, que nous n'aurons pas.

Je m'en fous si ce n'est pas vraiment le grand amour,

Tu m'as ouvert toutes les portes du soleil

Quand mes nuits s'éclairent, comme s'il faisait grand jour,

Je m'en fous pas mal du grand amour

Je m'en fous si ce n'est pas vraiment le grand amour,

Tu m'as ouvert un ciel ou nagent des oiseaux.

Quand tu cries je t'aime, comme on crie "au secours"

Je m'en fous pas mal du grand amour.

Tu m'embrasses, tu es là, épuisée de joie.

Ça existe, je n'y croyais pas, ces choses là..

Tu m'enlaces, je suis là, je m'éveilles en toi

Comme un arbre, qui porte la joie,

Jusqu'au bout des doigts.

 


L'enfant au piano

Musique: Alice Dona
 

Les yeux levés au ciel
Vers le Père éternel
L'enfant au cœur bien gros
Joue du piano

Sa maman est partie
Dormir au paradis
Les yeux perdus au ciel
Il joue pour elle

Les anges dans le ciel
Font frissonner leurs ailes
Pour mieux accompagner
Sa mélodie

Sa maman était belle
Quand il jouait pour elle
Et il jouera pour elle
Toute sa vie

Les yeux levés au ciel
Vers le Père éternel
L'enfant au cœur bien gros
Joue du piano
 


L'enfant d'un autre

Musique: Alice Dona

Et l'absence est venue poser ses grandes ailes
Sur le berceau muet qui ne chantera plus
Elle est partie sans moi, je reste seul sans elle
Et sans cet enfant de trois ans dont je ne suis même pas le père
Et qui devenait mon enfant, peu à peu

C'est elle qui est partie mais c'est lui qui me manque
Ce tout petit garçon qui n'était pas de moi
Mais qui avait su lier mon âme saltimbanque
Avec sa tête dans mon cou, avec son rire dans sa gorge
Ne plus l'avoir contre ma joue, ça me rend malheureux

Les enfants sont le fruit des femmes pas des hommes
Mais quelque soit celui qui fait germer la pomme
Le père, pour l'enfant, c'est celui qui est là
Celui qui caresse sa mère et qui lui tend les bras.

Sans doute aimera t-il autant ses futurs pères
Ses parrains, ses tontons que sa mère aimera
Mais moi je garderai pour ses anniversaires
Une pensée au fond de moi,
J'me dirai tiens, il a vingt berges
Lorsque j'y pense quelquefois
J'me sens devenir vieux

Les enfants des voisins, on le trouve stupides
Ils ne servent à nos yeux qu'à faire pousser des rides
Mais lorsque par hasard, on en a un qui est là
Qui a les yeux noirs de sa mère
On l'aime malgré soi.

Et l'absence est venue peser sur ma détresse
Dans la chambre déserte où manque ses jouets
Rien ne le remplacera, ni mes futures maîtresses,
Ni mon travail, ni le beau temps,
Je suis démuni comme un père qui vient de perdre son enfant
Et je suis malheureux.
 


L'esclave

Musique: Yves  Gilbert   1974
© 1974 - Editions plein soleil
 


{Parlé:}
Dans un harem byzantin
Où pour trouver le paradis
Je m'étais déguisé en chien
Une esclave m'a dit :

Moi je voudrais des perles lourdes
Des perles noires des émaux
Être muette et presque sourde
Pour que tu me berces de mots
Des mots qui ressemblent à la mer
Des mots où l'on voit à travers
Des mots d'amertume et d'amour
Des mots tendres et des mots lourds
Moi je voudrais des chambres pleines
Où je m'étendrais toute nue
Cerclée de chiennes et de chaînes
Buvant des boissons inconnues
Des boissons de vie et de mort
Des coupes pleines à ras bord
Où poser mes lèvres mouillées
Sur des sofas agenouillée
Moi je voudrais un noir esclave
Aux dents blanches fortes et cruelles
Qui partagerait mes entraves
Et qui m'emmènerait au ciel
Dans la moite langueur du soir
Moi toute blanche lui tout noir
Il mordrait mon corps en rampant
Avec des lenteurs de serpent

Moi je voudrais être une fille
Qu'on épuiserait de plaisir
Derrière des vitres et des grilles
Jusqu'à dormir jusqu'à mourir
Sous mes paupières violacées
Tu vois je n'ai qu'une pensée
Être une femme pour de vrai
Une vraie femme s'il te plait


 

L'ogresse (mangeuse d'homme)

 

 

Elle m'ouvre toute nue

Me souhaite la bienvenue

Moi tout en baissant la tête

Je lui remets ses chaussettes.

Je lui rajuste ses bottes

Et sa petite culotte...

Je remoule sur ses seins

Son soutien gorge en satin.

Je rajuste le tricot

Sur la blancheur de sa peau

Je re glisse la ceinture

Dans les passants de sa jupe

Puis sans la quitter des yeux

Je rattache ses cheveux

Et devant elle sans un bruit

J'ai même refait le lit.

Et quand tout fut bien rangé

Bien propre bien arrangé

Je lui ai comme il se doit

Baisé le bout de ses doigts.

Elle se redressa d'un bond

Avec un œil furibond

Me traita de dieu sait quoi

Tout en se ruant sur moi

Et d'un mouvement hardi

Elle me jette sur le lit

Et sans me quitter des yeux

Elle agrippe mes cheveux

Elle arrache mon tricot

Tout en mordillant ma peau

Elle enlève le ceinturon

Qui tenait mon pantalon

Elle se frotte elle se rengorge

À grands coups de soutien gorge

Puis elle enlève mes bottes

Et ma petite culotte!!

Dans sa hâte, la fillette

N'a laissé que mes chaussettes

Et lorsque je fus tout nu...

Elle m'a mangé tout cru...

 


La braconne
 

Musique: Alice Dona, E.Marouani   1974
© Editions Plein soleil
 


Juliette, Françoise ou Simone
Quelque soit le nom qu'on leur donne
Qu'elles soient petites ou grandes, cheveux raides ou frisés
J'ai toutes envie de les embrasser
Mais hélas que Dieu me pardonne
Mon cœur n'appartient à personne
Mon cœur, il est fou, il têtonne, il juponne, il braconne

J'ai le respect des demoiselles
Pourtant je ne suis pas fidèle
Chacune à ses trucs et c'est jamais pareil
Pour me mettre le cœur en éveil
Celle-là est longue et chétive
Celle-là dodue et lascive
Cette biche-là cache des dents de loups
Or toutes les trois me rendent fou...

Juliette, Françoise ou Simone
Quelque soit le nom qu'on leur donne
Qu'elles soient petites ou grandes, cheveux raides ou frisés
J'ai toutes envie de les embrasser
Mais hélas que Dieu me pardonne
Mon cœur n'appartient à personne
Mon cœur, il est fou, il têtonne, il juponne, il braconne

C'est pas une vie pour un homme
D'aimer croquer toutes les pommes
Comme dit ma maman "ça crève ma santé"
Y a des soirs j'ai du mal à chanter
Mais bon Dieu tant que l'on est jeune
C'est pas le moment que l'on jeûne
Venez toutes à moi chacune à votre tour
Et merci pour votre élan d'amour...

Juliette, Françoise ou Simone
Quelque soit le nom qu'on vous donne
Les petites et les grandes, les cheveux raides les frisés
J'ai toutes envie de vous embrasser
Mais hélas que Dieu me pardonne
Mon cœur n'appartient à personne
Mon cœur, il est fou, il têtonne, il juponne, il braconne

{Chœur:}
Juliette, Françoise ou Simone
Quelque soit le nom qu'il nous donne
Qu'on soit brune ou blonde, cheveux raides ou frisés
Il voudrait toutes nous embrasser
Mais hélas que Dieu lui pardonne
Son cœur n'appartient à personne
Son cœur, il est fou, il têtonne, il juponne, il braconne...
{ad lib...}
 


La chanteuse a vingt ans

Musique: Yves Gilbert
 


Elle arrive à huit heures, personne n'est encore là,
Elle ferme à double tour sa loge, et la voilà
Qui d'un air attendri sourit à son miroir,
Ça fait bientôt trente ans qu'elle fait ça tout les soirs.

Puis elle prend son visage à deux mains,
Le caresse comme si ça n'était plus le sien,
Puis elle prends les fards et les crayons,
Se dessine un sourire avec application,
Les faux cils, la longue robe noire,
Les souliers de satin, la perruque d'argent,
Maintenant LA CHANTEUSE A VINGT ANS

Puis elle rentre en écartant les bras
Comme si elle rentrait pour la première fois,
Puis elle chante avec cette voix-là
Comme disent les journaux qu'on ne remplace pas,
Elle sourit avec ce sourire-là
Qui n'appartient qu'à elle et que nous aimons tant
Maintenant LA CHANTEUSE A VINGT ANS

Puis elle sort épuisée, son maquillage fond,
Elle répond d'un air triste à deux ou trois questions,
Elle s'habille en civil, elle rentre dans l'auto,
Puis s'endort sur l'épaule de son impresario.

Elle revoit l'Alcazar et Deauville
A l'époque où les hommes étaient encore dociles,
Elle revoit même ce petit chanteur
Sacrifiant son cachet pour lui offrir des fleurs,
Elle revoit ces amoureux transis
Qui jetaient dans son lit des colliers de diamant,
Maintenant LA CHANTEUSE A VINGT ANS

Puis elle rentre en écartant les bras
Comme si elle rentrait pour la première fois,
Puis elle chante avec cette voix-là
Comme disent les journaux qu'on ne remplace pas,
Elle sourit avec ce sourire-là
Qui n'appartient qu'à elle et que nous aimons tant
Maintenant LA CHANTEUSE A VINGT ANS

Puis elle rentre en écartant les bras
Comme si elle rentrait pour la dernière fois,
Elle se plaint avec cette voix-là
Comme disent les journaux qu'on ne remplace pas,
Puis elle pleure avec ce sourire-là
Qui n'appartient qu'à elle et que nous aimions tant
Maintenant LA CHANTEUSE A VINGT ANS
 


La salle de bains

Comme il serait doux d'être près de vous
Dans ces moments où
Vous refermez la porte derrière vous.

Pour me cacher tout, le meilleur de vous
Toutes vos manies
Ces coins secrets qui me sont interdits.

Derrière le verrou j'attends et je bout
Dans ce moments longs
Ou courts c'est selon, que faites-vous donc !

J'entends des bruits mous, qui me rendent fou
Des bruits de cotons
Des bruits de chiffons, des bruits de flacons

Vous parfumez-vous, ou bien buvez-vous
Quelques vins bizarres
Que vous cacheriez au fonds d'un placard

Quel beau rendez-vous de vous avec vous
Je n'entend plus rien
Etes vous en train d'admirer vos seins

Les caressez-vous dessous et dessus
Ma folle pensée
Vient s'imaginer leur pointe dressée.

Dans un garde à vous si dur et si doux
Madame ouvrez-moi
Ne me laissez pas dans cet état là.

J'entends tout à-coup frémir le verrou
Vous apparaissez,
Vous me regardez d'un air étonné.

Parée de bijoux, lourde de frous-frous
Et soudain j'ai peur
Comme si je vous croissais dans un ascenseur

Je jette sur vous des yeux de hibou
Sans un mouvement
Comme sous l'effet d'un envoûtement

Avec une moue frisant le dégoût
Vous me balancez : j'ai mal à la tête,
Prépare un cachet et un point c'est tout !
 


La vie lilas

Musique: Yves Gilbert

Dessous l'arbre
Une robe bleue
A côté
Une robe rouge
Sous un ciel d'hiver
Entre gris et vert
Qui nuage
Et qui pleure à moitié
Derrière l'arbre
Un bout d'horizon
Au lointain
Pas même une église
Juste une maison
Est-ce la maison
Ou celle des moutons?

C'est la vie lilas
Faite de métamorphoses
C'est la vie lilas
Quand il me manque quelque chose
Dans cette vie-là
Où tu n'es pas là
Et que pour être moins triste
Je détaille la peinture de l'artiste

Et ma chambre
Devient le tableau
Sous mes pieds
La campagne humide
Est comme un tapis
De terre et de pluie
Tout à l'heure
Elles vont s'y allonger
Pour mêler
Robes rouges et bleues
Dans le lac
D'un amour sans ride
Pour se consoler
D'être abandonnées
Par leur petit fiancé

C'est la vie lilas
Faite de toutes ces choses
C'est la vie lilas
Quand il me manque quelque chose
Dans cette vie-là
Où tu n'es pas là
Où je reste seul en piste

C'est ma vie lilas
Moitié bleue et moitié rose
C'est ma vie lilas
Quand il me manque quelque chose
Dans cette vie-là
Où tu n'es pas là
Et que pour être moins triste
Je retouche la peinture de l'artiste


La vieille et le brocanteur

Dans une impasse informe
Une vieille difforme
Monologue sa vie
Au fond d'un vieux taudis
Une studio délabrée
Dont ses enfants paient le loyer
Cette vieille édentée
Dans ses dentelles
Ses vieux bouts de ficelle
Elle a de vieux journaux
Un vieux chapeau
Un vase de nuit
Et même des rideaux d'organdi
Cette vieille édentée
qui vit dans ses dentelles
Son vieux service à thé
Et sa vielle vaisselle
Se remet à son cou
Ses vieux bijoux
Le samedi soir pour se voir dans son vieux miroir
Cette vielle édentée
Au bon temps des ombrelles
Avait des lords anglais
Qui se ruinaient pour elle
On voit moustache en gros
Dans des tableaux
Leur fier dédain
Que la mort emporta soudain
Cette vieille toupie
J'habite en dessous d'elle
Et quand elle est partie
Pour la vie éternelle
Ses enfants m'ont prié
De la veiller pendant la nuit
En bon voisin moi j'ai dit oui
Alors aussitôt seul moi
J'ai fouillé dans ses vieilles dentelles
Et dans ses vieux papiers
Ses vieux bouts de ficelle
J'ai pris les vieux journaux
Le vieux chapeau
Le vase de nuit
Et même des rideaux d'organdi
J'ai pris les chandeliers
J'ai laissé les chandelles
Le vieux service à thé
Et la vieille vaisselle
Songeant aux héritiers
J'ai pas osé
car j'ai du cœur
prendre le réfrigérateur
laissant le parapluie
J'ai raflé les ombrelles
Dédaignant le tapis
J'ai pris les aquarelles
Et bien sûr les tableaux
Où les vieux beaux cocus d'antan
N'avaient pas du tout l'air contents
J'ai vidé les tiroirs
Des bijoux de la vieille
Des perles en sautoirs
Et des boucles d'oreilles
J'ai pris les pièces en or
Rangées en ordre
Et puis surtout
J'ai pris mes jambes à mon cou
Et depuis j'ai ouvert
En Normandie
Dans l'Eure
Un magasin de brocanteur

Et depuis j'ai ouvert
En Normandie
Dans l'Eure
Un magasin de bric
Un magasin de brac
Un magasin de brocanteur
 


Le 15 juillet à 5 heures

Ta voix murmure
Tranquille et sûre
Comme un vieux disque qu'on écoute
Un verre de whisky à la main
Sous la véranda on s'installe
Dans un bruit feutré de sandales
Devant un parterre de fleurs
Le 15 juillet à 5 heures.

Le vent s'épuise sur la remise
Où mon piano s'endort enfin
Après une nuit de chagrin
Sous le parasol du feuillage
Le vent feuillette page à page
Le livre de notre bonheur
Le 15 juillet à 5 heures.
Dans la maison de Frédérique
Tu as classé quelques bouquins
Tu as disposé quelques fleurs
Cueillies fraîches de ce matin
À ta main une cigarette grésille
On mange du melon
Hormis la chanson des frelons
Nous n'avons plus rien dans la tête.

Dans la maison de Frédérique
Éblouis comme deux enfants
Tu me parles d'anciens amants
Moi de mes maîtresses d'avant
Tu croques du raisin bien tendre
Des grappes lourdes couleur d'encre
Je ferai du café tout à l'heure
Le 15 juillet à 5 heures.

Presque irréelle
Tu es si belle
Entre mes cils tu apparais
Comme une dame d'y a longtemps
Je t'ai aimée ailleurs peut-être
Il faut que j'écrive une lettre
À un vieil ami qui se meurt
Le 15 juillet à 5 heures.

Demain c'est triste
La vie d'artiste
On reprendra la vie d'avant
L'appartement où l'on s'ennuie
On invitera Frédérique
Mes frères, tes sœurs, toute la clique
Il ne restera qu'une odeur
Du 15 juillet à 5 heures


Le dernier baiser

Musique: Alice Dona   1977
© 1977 disque Philips
note: du film "Le Dernier Baiser"

Le dernier baiser
On l'ignore encore pourtant c'est le dernier baiser
Le dernier accord sur une guitare brisée
Le point d'orgue au milieu d'un chef-d'œuvre inachevé

Le dernier baiser
C'est la barque qui chavire en plein cœur de juillet
Sur un étang calme et plat comme nos destinées
C'est la fleur qui tombe morte avant d'être fanée
Mes lèvres baisent et rebaisent encore tes lettres parfumées
Comme des petits bouts de ton corps que j'ai tellement aimé
Des pleurs immobiles, roulent inutiles de mes yeux à mes lèvres

Le dernier baiser
Il me trouble encore et pourtant c'était le dernier
L'automne est au bord du dernier soleil de l'été
Comme on dit dans les chansons il faut s'y résigner

Le dernier baiser
C'est le train qu'on prend sans savoir qu'il va dérailler
L'avion qu'une bombe en plein vol va pulvériser
La naufrage à deux dont un seul sortira vainqueur
Je griffe les draps où tu dormais
Je froisse le tissu de la robe que tu as laissée
Comme un remords de plus
Et ma bouche avide ne mord que le vide de mes nuits
Sans tes lèvres
Ton dernier baiser il avait le goût du café le matin
Le goût du beurre frais, le goût du pain
C'était ton dernier baiser.
 


Le gibier manque et les femmes sont rares

Musique: Alice Dona   1972

Quand après la chasse au cour d'une auberge bien chaude
On se retrouve à table avec des filles un peu rougeaudes
Après le vin blanc, le foie gras, la poule faisane
Après le café, le pousse café, le pousse tisane
Lorsque les servantes s'assoient sur nos ventres
On chante pour faire gai ce refrain pas très distingué

Le gibier manque et les femmes sont rares
Chantent en cour les quatre vingt chasseurs
Sauf les plus jeunes qui vont de suite sous la table
Et les plus vieux qui chantent en levant leur verre de liqueur
Heureusement qu'il reste des fanfares
Du vin à boire et des filles qui ont du cœur
Sans quoi on resterait souvent bredouilles mes seigneurs
Avec nos fusils et nos cours

Quand après le mariage d'un frangin ou d'une frangine
On se retrouve à table à la "Joyeuse margarine"
Quand la viande rouge a gonflé de sève nos veines
Jetant des élans païens dans nos pensées chrétiennes
A l'heure où nos femmes rosissent et se pâment
On chante pour faire gai ce refrain pas très distingué

Le gibier manque et les femmes sont rares
Chantent en cour les quatre vingt chasseurs
Sauf les plus jeunes qui vont de suite sous la table
Et les plus vieux qui chantent en levant leur verre de liqueur
Heureusement qu'il reste des fanfares
Du vin à boire et des filles qui ont du cœur
Sans quoi on resterait souvent bredouilles mes seigneurs
Avec nos fusils et nos cours


Le lit d'Isabelle

Paroles: Serge Lama, Tony Stéfanidis. Musique: Alice Dona

Je m'en allais tout cru vers le lit d'Isabelle
J'en ressortais tout cuit de son lit
Je m'en allais fringant vers son Quartier Latin
J'en ressortais tout blanc le matin

Elle avait, hé, elle avait des grelots
Qu'on entendait de loin et des talons sabots
Des grelots, hé, qui tintaient aussitôt
Qu'elle mettait son cheval au galop

Je m'en allais tout cru vers le lit d'Isabelle
J'en ressortais tout cuit de son lit
Je m'en allais fringant vers son Quartier Latin
J'en ressortais tout blanc le matin

Elle avait, hé, sous sa chemise à carreaux
Des melons qui étaient ronds, des melons qui étaient gros
Elle avait, hé, des chapeaux rigolos
Dans le genre des chapeaux de Zozo

Je m'en allais tout cru vers le lit d'Isabelle
J'en ressortais tout cuit de son lit
Je m'en allais fringant vers son Quartier Latin
J'en ressortais tout blanc le matin

Elle aimait, hé, volontiers le Bordeaux
Elle se croyait plusieurs quand elle buvait trop
Ces soirs là, hé, d'un petit coup de bigorneau
Les copains rappliquaient aussitôt

On s'en allait tout crus vers le lit d'Isabelle
On en ressortait cuits de son lit
On s'en allait fringants vers son Quartier Latin
On en ressortait blancs le matin

Elle avait, oh, un tout petit cerveau
Quand le ciel était clair j'y voyais des bateaux
Mais une fille, hé, quand on l'a dans la peau
On ne se soucie pas trop du cerveau

Je m'en allais tout cru vers le lit d'Isabelle
J'en ressortais tout cuit de son lit
Je m'en allais fringant vers son Quartier Latin
J'en ressortais tout blanc le matin

On s'en allait tout crus vers le lit d'Isabelle
On en ressortait cuits de son lit
On s'en allait fringants vers son Quartier Latin
On en ressortait blancs le matin


 

Le joyeux fêtard