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C'est toujours comme ça la première fois

Musique: Yves Gilbert   1970
© 1970 Editions Plein soleil
 

{Refrain:}
Ne t'en fais pas non ne t'en fais pas
C'est toujours comme ça la première fois
D'abord on dit rien puis on se dit tout
On a peur des chiens et on a peur du loup
Et tout là-haut tout comme un drapeau
Flottait ta chemise, ta jupe et tes bas
Ne t'en fais pas c'est toujours comme ça la première fois

Comme on était fatigué on s'est allongé
Comme on était allongé je t'ai enlacé
Et comme je t'enlaçais tu t'es indignée
Et comme tu t'indignais je t'ai expliqué

{au Refrain}

Pendant toute la journée je t'ai expliqué
Je t'ai appris à compter cinq à six péchés
Tu avais si bien compris que quand vint la nuit
Comme je tombais épuisé ben tu m'as expliqué

Ne t'en fais pas non ne t'en fais pas
C'est toujours comme ça la première fois
D'abord on se croit plus fort que le loup
Puis les bras en croix on ne tient plus debout
Et tout là-haut tout comme un drapeau
Flottait ta chemise, ta jupe et tes bas
Ne t'en fais pas c'est toujours comme ça la première fois

Ne t'en fais pas, non, ne t'en fais pas
C'est toujours comme ça la première fois
D'abord on se croit plus fort que le loup
Puis les bras en croix on ne tient plus debout
Et tout là-haut tout comme un drapeau
Flottait ta chemise, ta jupe et tes bas
Ne t'en fais pas c'est toujours comme ça la première fois
Ne t'en fais pas c'est toujours comme ça la première... fois

 


Chez moi

Musique: Yves Gilbert
 

Viens, laisse un peu tomber tes poupées
A ton âge il faut s'en aller
Je sais que tes parents sont très gentils
Mais eux, à ton âge, ils étaient partis.

Viens, je ne suis pas encore très vieux
J'ai la passion au fond des yeux
Et j'ai besoin d'un cœur tendre à aimer
Oh oui, j'ai besoin de te protéger

J'ai tellement d'amour à te donner

Chez moi, il y a des canapés où je bercerai toutes tes poupées
Chez moi, je t'installerai le marché aux fleurs pour te parfumer
Chez moi t'auras des violons pendus au balcon pour te faire danser
Chez moi tu retrouveras tout ce que tu a si peur de quitter

Viens, laisse un peu tomber tes poupées
Laisse tes livres et tes cahiers
La vie, tu sais, ça s'apprend au dehors
D'ailleurs, je sais que quelque fois tu sors

Viens, j'ai peur que ton cœur prenne froid
J'ai peur qu'un jeune maladroit
Te fasse mal sans le vouloir vraiment
Oh oui, méfie-toi des jeunes amants

Qui ont le cœur coupant comme un diamant

Chez moi, les tigres sont morts, y a un chat qui dort, un chien pas méchant
Chez moi, tu auras le choix entre aimer un roi ou bien un mendiant
Tu vois, mes ongles sont courts, je peux pas griffer même par amour
Chez moi, pour tes insomnies, même en pleine nuit, je ferais grand jour

Chez moi, y a des berceaux blancs, ou tous nos enfants s'endorment déjà
Tu vois tout ce que tu veux, tout ce que tu as est déjà chez moi
 


Clara

 

Paroles : Serge Lama – Musique :

 

 

Clara

Donnez moi encore une dernière chance

Ça ne coûte rien il n'y a plus de témoins

Quand la foule crie, quand ma corde balance

Dîtes moi au moins que vous m'aimez, Clara

Si c'est par amour que vous me faite pendre

Ça ne coûte rien il n'y a plus de témoins

Il n'y a plus qu'un mot que je voudrais entendre

Dîtes moi au moins, que vous m'aimez Clara

Cela fait des nuits et des jours, que je n'ai plus qu'un seul désir

Je n'ai pas vécu sans amour

Sans amour je ne veux pas mourir

Pas de verre d'alcool et pas de cigarette

Ne restez pas là, à ne me dire rien

Quand la foule crie, quand le bourreau s'apprête

Dîtes moi au moins que vous m'aimez Clara

Rappelez vous Clara, vous m'appeliez votre poète

J'avais 17 ans vous mettiez vos dents sur ma peau

Rappelez vous Clara, le jour ou vous me fîtes fête

Pour dire au soleil, que j'étais beau

Y'a déjà 3 ans, dieu comme le temps passe

Voici que la biche, s'est changée en loup

Voici que l'amour s'est changée en grimace

Mais je ne veux pas mourir sans votre amour Clara

Vous êtes ma reine et je suis votre esclave

Je baise vos mains, je baise vos genoux

Voici le bourreau qui vient, l'heure est trop grave

Je ne veux pas mourir sans votre amour Clara

Vos yeux sont remplis de tristesse

Vous consultez votre miroir

C'est pour ne plus voir ma jeunesse

Que vous me jetez dans le noir

Mais je vais leur dire bien haut

Que je vous aime, non !

Il est trop tard, ne prenez plus ma main

Je meurs plus heureux, que je n'ai vécu même

Car maintenant, je sais que vous m'aimez Clara

 


 

Claudia

 

Paroles : Serge Lama – Musique :

 

 

Depuis ce jour d'été ou la mort ta surprise

Je m'avance hébété au milieu des statuts

Et dans l'écho glacé qui hante les églises

Surgissant du passé ton fantôme me tue

Dans ces corps d'une nuit dans ces corps ou je saigne

Ces corps ou je m'épuise à tenter de voler

Ces corps ou je m'enfouis c'est encore toi qui règne

Aucun être d'ici n'a pu me consoler

Aucun être qui vit n'a su me consoler

Claudia, quand les vagues s'avancent

Claudia ne m'abandonne pas

Même fou, c'est à toi qu'il pense

Ce cœur, qui ne m'appartient pas

Combien de temps encore à broyer du silence

Je vis dans un décor que Troëmer à construit

Je vis dans un décor bâti par ton absence

Et ou le vent du nord est le seul qui gémit

Et ce vent qui me mort m'invente que je vis

Dans les quarantièmes rugissant

Je te jette un "Je t'aime" que je sens

Au milieu des remous des courants qui s'en veulent

Ou les vents se déchirent ou les vagues s'engueulent

Je suis seul, seul...

Claudia, quand les vagues s'avancent

Claudia, ne m'abandonne pas

Même fou c'est à toi qu'il pense

Ce cœur, qui ne m'appartient pas

Claudia, quand les vagues s'avancent

Claudia, ne m'abandonne pas

Claudia, quand les vagues s'avancent

Claudia

Ne m'abandonne pas

Claudia

Les vagues... Les vagues... Les vagues...

 

 


 

 

Charivari

 

Paroles : Serge Lama – Musique :

 

 

Charivarivari

REFRAIN:

Quel charivarivari,

Quel charivarivari,

Quel charivarivari,

La vie avec toi,

Quel charivarivari,

Quel charivarivari,

Quel charivarivari,

La vie avec toi.

Avant toi, j'ai connu Nicole

Qui vivait dans ses casseroles,

Elle briquait comme personne

L'argenterie et l'aluminium,

Toujours coiffée d'un vieux chiffon

Noué autour de son chignon,

Tu parles d'un charivaron,

REFRAIN

Avant toi, j'ai connu Martine

Qui n'aimait faire que la cuisine,

Entre deux lièvres et trois perdreaux

J'avais grossi de vingt kilos,

Quand je chantai mes chansons tristes,

On me prenait pour Pierre Doris,

Tu parles d'un charivari.

REFRAIN

Et depuis toi, il y a eu toi,

Qui ne sait rien faire de tes dix doigts,

À part l'amour, mon joli cour,

Et encore, quand y'a l'ascenseur,

Parce que les jours de pénurie,

Tu restes à la conciergerie,

Tu parles d'un charivari.

 

 


 

 

Cela m'ennuie tous ces cortèges

 

Paroles : Serge Lama – Musique :Yves Gilbert

 

 

Cela m'ennuie tous ces cortèges

Mais il faut bien parler aux yeux

A Noël il faut de la neige

Pour que les pauvres croient en Dieu

A Pâques les cloches qui sonnent

A la guerre il faut des tambours

Aux culs des rois il faut des trônes

Aux femmes des serments d'amour

Oui tout cela m'ennuie et même

J'aimerai rentrer à cheval

Aux tuileries où est le peuplent

Et le masque et le carnaval

Le peuple a besoin de légendes

Encore plus que de pain et d'eau

Ils sont des milliers qui m'attendent

Qui ne verront que mes chevaux

Ainsi donc pour la joie des gosses

En grande pompe et le sabre au flanc

J'aurai la France pour carrosse

Tirée par six étalons blancs

Si j'aime mes soldats sans peine

La foule m'est un animal

Donc j'ai dix fois plus peur pour Yenne

Que des écarts de mon cheval

 

 


 

Comme elles étaient belles

 

Paroles : Serge Lama - Musique: Emil Stern

 

 

C'était en mil neuf cent, je crois

C'était en mil neuf cent déjà

Le temps des livres et du papier

Sous le regard désabusé

Du professeur mal habillé

Faut pas y penser

C'est en mil neuf cent, et bien oui

C'est en mil neuf cent aujourd'hui

Quand on sort

On a mal au cœur

On connaît les livres par cœur

On et devenu professeur

Faut pas y penser

Comme elles étaient belles

Le cœur tendre

À nos cœurs mal famés

Elles étaient si belles

Que le vent n'osait pas leur parler

On allait vers elles

On leur disait bonjour

En passant

Elles étaient cruelles

Elles avaient quinze ans

Voici venir la fin d'été

Les feuilles mortes sont tombées

Septembre est un mois familier

Il pleut des larmes de rentrée

Dans le livre des écoliers

Faut pas y penser :

Sept heures et demi

Huit heures moins vingt

L'odeur du café le matin

Des tâches d'encre sur les bancs

Le regard triste des enfants

Qui rêvent déjà d'être grands

Faut pas y penser

Comme elles étaient belles

Le cœur tendre

À nos cœurs mal famés

Elles étaient si belles

Que nos cœurs n'osaient pas leur parler

On allait vers elles

On leur disait des vers en pleurant

Elles étaient cruelles

Elles avaient quinze ans

Quinze ans, y'a déjà longtemps

 


Dans un restaurant vide

 

Paroles : Serge Lama – Musique :

 

Dans un restaurant vide ou les mouches se taisent

J'aime entendre l'écho des phrases refroidies

Cette conversation muette qu'ont les chaises

En groupe sous le lustre éteint l'après-midi

Déjà fanées les fleurs deviennent funéraires

Et la tapisserie est un ciel sans saveur

L'ensemble a comme un goût de mort et de mystère

Quand le faux jour d'hiver délave les couleurs

Les vitres n'ont d'éclat que ce que le tissu des rideaux laisse filtrer peut être

Laisse tomber l'été, bailler une fenêtre

Et l'horloge tranquille a un air au dessus

Elle règne sur ce silence qui converse

Et que trouve parfois au dehors une averse

Sur les porte manteaux dorment les pardessus

Dans un restaurant vide ou les mouches se taisent

J'aime entendre l'écho des phrases refroidies

Cette conversation muette qu'ont les chaises

En groupe sous le lustre éteint l'après-midi

 

 


 

Dans l'espace

 

Paroles : Serge Lama – Musique :Yves Gilbert

 

 

Mes mains tremblent de joie quand le piano s'anime

Une note une rime et la musique va

Comme sur l'océan un vol de goélands

Aérienne, souveraine, la musique la musique prend son vol.

Dans l'espace, je te rejoins dans l'espace, là ou l'amour prend sa place

Dans l'espace de mon concerto

Oui dans l'espace, je te rejoins dans l'immense plénitude de silence là ou dorment les oiseaux.

Mon cœur s'enfile et je vois tout un peuple qui chante

Tandis que je l'invente cette musique là

Comme vers le soleil une envolée d'abeilles aériennes souveraines, la musique, la musique prend son vol

Dans l'espace, je te rejoins dans l'espace, là ou l'amour prend sa place

Dans l'espace de mon concerto

Oui dans l'espace, je te rejoins dans l'immense plénitude de silence je t'emporte dans un char tiré par mille oiseaux

 

 


 

Dans les yeux des femmes

 

Paroles : Serge Lama – Musique :R. Loubet

 

 

Dans les yeux des femmes y a des gares

Des trains de retour, des fanfares

Des hommes qui agitent des mouchoirs de soie

Des "Je t'aime" plein la voix

Dans les yeux des femmes y a des bon gré

Malgré des remords, des regrets

Des "J'aurais dû", "si j'avais su"

La peau d'homme, quel joli tissu!

Dans les yeux des femmes y a des amants

Qui tuent leur ennui par moment

Romans d'amour à l'eau de vaisselle

Des écailles qu'elles prennent pour des ailes

Elles ont compris

Elles ont compris

Qu'elles étaient belles

Z'ont compris

Qu'elles étaient celles

Qu'ont voulait à tout prix

Dans les yeux des femmes y a des Carmen

Des putains à la petite semaine

Qui ont le corps cigale où le cœur fourmi

A placé ses économies

Dans les yeux des femmes y a des erreurs

Des maquereaux, des maîtres nageurs

Remords d'avoir mis leurs nageoires

Dans des mers qui étaient que des baignoires

Dans les yeux des femmes y a des chanteurs

Qui leur discothèques dans le cœur

Chansons harpons pour thés dansés

Qui jusqu'au sang les ont blessées

Elles ont compris

Elles ont compris

Qu'elles étaient belles

Z'ont compris

Qu'elles étaient celles

Qu'on voulait à tout prix

Dans les yeux des femmes y a des enfants

Qui poussent des cris triomphants

Enfants qui seront les meilleurs en tout

Qui vengeront de leurs époux

Dans les yeux des femmes y a des enfants

Qui poussent des cris triomphants

Enfants qui seront les meilleurs en tout

Qui les vengeront de leurs époux

Dans les yeux des femmes la petite maison

L'amour sur le gaz, le gazon

Stricte et peignée... sortie de l'école

Fini les idylles, les idoles

Dans les yeux des femmes y a surtout

Ce qu'on y met quand on en est fou

Ces temps-ci si j'ai pas l'air gai

C'est que les yeux d'une femme m'ont flingué

Elle a compris

Elle a compris

Qu'elle était belle

A compris

Qu'elle était celle

Que je voulais à tout prix

 


Dans ma garçonnière

Paroles : Serge Lama – Musique :

 

Quand je suis venu de ma province

J'étais pas mince, j'étais pas gros

Bref il me restait toutes les chances,

Dans l'existence, d'être un homme, un homme,

Mais j'ai déchanté avec les unes, avec les autres, sans rancunes

Pour remédier à tous ces aléas

J'ai ma manière à moi

Et le soir dans ma garçonnière..

J'ai ma collection de derrières en photos au dessus de mon lit

Quand je dis derrières je suis poli!

Où mentor dans ma garçonnière,

Je me fais prier je fais des manières

Je m'invente un bon scénario

Pour faire la cours à mes photos.

Je suis obsédé je le confesse

La moindre fesse, me rend idiot

Car depuis toujours ma seule hantise

Ma convoitise

Ce sont les femmes les femmes...

N'étant pas un bon client du Louvre

Les seuls chefs d'œuvres que je couve

Ce sont les pin-up

Que je m'en vais "up" acheter dans les sexshop!

Et le soir dans ma garçonnière

J'ai ma collection de derrières en photos au dessus de mon lit

Quand je dis derrières je suis poli!

Où mentor dans ma garçonnière,

Je me fais prier je fais des manières

Et je glisse au fond de mon dodo

Pour faire l'amour à mes photos.

Oui le soir dans ma garçonnière

Je me fais prier je fais des manières

Je dis ni oui ni non je suis beau !!

Je suis le Don Juan de mes photos !!!

 


D'aventures en aventures

Musique: Yves Gilbert   1968
 

Bien sûr, j'ai d'autres certitudes
J'ai d'autres habitudes
Et d'autres que toi sont venues
Les lèvres tendres, les mains nues
Bien sûr
Bien sûr j'ai murmuré leurs noms
J'ai caressé leur front
Et j'ai partagé leurs frissons.

{Refrain:}
Mais d'aventure en aventure
De train en train, de port en port
Jamais encore, je te le jure
Je n'ai pu oublier ton corps
Mais d'aventure en aventure
De train en train, de port en port
Je n'ai pu fermer ma blessure
Je t'aime encore.

Bien sûr, du soir au matin, blême
Depuis j'ai dit : " je t'aime "
Et d'autres que toi sont venues
Marquer leurs dents sur ma peau nue
Bien sûr
Bien sûr pour trouver le repos
J'ai caressé leur peau
Elles m'ont même trouvé beau.

{au Refrain}

Bien sûr j'ai joué de mes armes
J'ai joué de leurs larmes
Entre le bonsoir et l'adieu
Souvent pour rien, souvent par jeu
Bien sûr
Bien sûr, j'ai redit à mi-voix
Tous les mots que pour toi
J'ai dit la première fois.

{au Refrain}
Mais d'aventure en aventure
De train en train, de port en port
Jamais encore, je te le jure
Je n'ai pu oublier ton corps
Mais d'aventure en aventure
De train en train, de port en port
Je n'ai pu fermer ma blessure
Parce que je t'aime
Je t'aime encore
Je t'aime encore
Je t'aime encore
 


 

Debout tous

 

Paroles : Serge Lama – Musique :

 

 

Vous êtes des héros en loques

Debout tous, debout tous

C'est le vent d'une autre époque

Qui vous pousse, qui vous pousse

Vous êtes nus, mal nourris

Mais au bout de vos fusils

Y'a des plaines fertiles

Des trésors au fond des villes

Et des femmes assoupies qui s'ennuient

Et des femmes assoupies qui s'ennuient

On est des rois en guenilles

Debout tous, debout tous

Mais ailleurs le soleil brille

L'herbe est douce, l'herbe est douce

Vous êtes nus, mal nourris

Mais au bout de vos fusils

Y'a des provinces riches

Du blé et des terres en friches

Et des femmes plus jolies qu'à Paris

Et des femmes plus jolies qu'à Paris

Nous aimerons hors les frontières

La gloire et les institutions

On porte dans nos cartouchières

L'esprit de la Révolution

Enfant de la patrie mes frères

C'est pour cela que nous marchons

C'est pour cela qu'on fait la guerre

C'est pour cela que nous mourrons

On est des rois sans royaume

Debout tous, debout tous

 

 


 

 

Dédoublement de personnalité

 

Paroles : Serge Lama – Musique :

 

 

Toi, tu n'es pas comme la vigne,

La vigne vierge de chez moi,

Il faut bien que je me résigne

À partager mon lit en trois.

T'es pas plus mauvaise qu'une autre,

Mais tu ne connais pas de loi:

Il me faut accepter qu'un autre que moi

Se vautre sous tes draps.

Quand on est tous les trois couchés,

Je souffre par moment de ton

Dédoublement de personnalité.

Tu m'avais jeté à la face

Qu'il y avait deux filles en toi

Il faut bien que mon cœur se fasse

À la coexistence à trois;

Quand l'amour nous prend à la gorge

On accepte n'importe quoi,

Mais, mais, mais, mais, mais

Quand tu t'endors contre Georges

Ça me tourmente malgré moi.

Quand on est tous les trois couchés,

Je souffre par moment de ton

Dédoublement de personnalité.

Chacun a sa façon sur terre

De parler d'amour, à mi-voix,

Moi je suis contraint de me taire

Quand il part et vice versa.

Si toi, t'es sûre d'être la mère

De l'enfant qui sommeille en toi,

Nous, par contre l'on s'exaspère

À faire des règles de trois.

Quand on est tous les trois couchés.

Je souffre par moment de ton

Dédoublement de personnalité.

Qu'importe au fond, puisque l'on t'aime,

Tous ces détails ne comptent pas,

Ça nous arrange bien quand même

Lorsque l'on veut sortir sans toi,

Car dès qu'un de nous deux découche

Il y en a toujours un qui est là,

Toujours un qui colle à ta bouche,

Lorsque l'autre ne rentre pas

Et tant pis, si c'est un péché

On se sert par moment

De ton

Dédoublement de personnalité

 

 

 


 

De France

 

Paroles : Serge Lama - Musique:

 

 

Dix ans que Papa est parti

Dix ans qu'il a quitté la place

Et chacun de tous les partis

Prétend qu'il était de sa race

Même ses anciens détracteurs

S'abritent à l'ombre de son chêne

Et la droite et la gauche en coeur

Arborent la croix de Lorraine

Il s'appelait De France

Un chanteur l'avait dit

Avec quinze ans d'avance

Ce sera la zizanie

Quand Papa sera parti

Dix ans et je n'ai su de lui

Que ce qu'a dit la voix publique

Dès qu'un groupe se réunit

Voila son ombre qui rapplique

A tort à raison c'est comme ça

Dans les salons, dans les tavernes

Et depuis que s'est tue sa voix

C'est son fantôme qui gouverne

Il s'appelait De France

Un chanteur l'avait dit

Avec quinze ans d'avance

Ce sera la zizanie

Quand Papa sera parti

Qui donc parmi tous les bavards

Ces loups bavants qui s'invectivent

Ralliera sous son étendard

Moutons bêlants, brebis craintives

Qui donc parmi ses héritiers

Se dressera dans le tumulte

Pour nous gueuler qu'être français

C'est pas forcement une insulte

Il s'appelait De France

Un chanteur l'avait dit

Avec quinze ans d'avance

Ce sera la zizanie

Quand Papa sera parti

On me dit mon fils allez-y

Sur quel bord penchent vos médailles

Dites nous non, dites nous oui

Ouvrez nous enfin vos entrailles

Dix ans, dix ans et j'ai vieilli

Et si vous me voyez me taire

C'est d'être au-dessus des partis

Comme mon illustre grand-père

Il s'appelait De France

Et Bécaud l'avait dit

Avec quinze ans d'avance

Ce sera la zizanie

Pour pas dire la chienlit

Quand Papa sera parti

 

 


Devenir vieux

 

Paroles : Serge Lama – Musique :Yves Gilbert

 

 

Par un jour à fuir les églises

Tout tremblotant de vapeurs grises

Un jour à réveiller les morts

A ne pas mettre un vivant dehors

Un jour à brûler des torchons

Un jour à nourrir les cochons

Quand on s'aperçoit tout à coup

Que la première ride vient au cou.

Ce matin, ce matin là

J'en verrai une de 20 ans

Une qui montrera ses dents

Et qui me fera non

Du bout des yeux

Par un jour ou le temps va vite

Le cœur déguisé en guérite

A l'heure blême ou sous les préaux

Les enfants ont de grands "manteaux"

Le jour ou tous les escaliers

Monteront mon cœur au grenier

Parmi les photos, les fauteuils

Les fautes de goûts les faux deuils.

Ce matin, ce matin là

J'en verrai une de vingt ans

Une qui aura mis des gants

Mais qui me fera non

Du bout des yeux

Qui sait par un matin peut être

Ou j'aurais peur de disparaître

Un matin ou le cœur va mal

Ou les souvenirs se font la malle

Un matin de trop d'habitudes

Par un trop bien de solitude

Je m'en irai le dos voûté

Comme les pauvres et les abbés

Ce matin, ce matin là

J'en verrai une de vingt ans

Une qu'ils auront mis en blanc

Mais qui me fera non

Du bout des yeux

Et je deviendrai... Vieux...

 

 

 


 

Dis Pedro

 

Paroles : Serge Lama – Musique :Emil Stern

 

 

Dis Pedro,

Donne moi ta guitare,

J'ai vidé ma tête et mon cœur,

Entends déjà, les femmes pleurent

En attendant

Dis Pedro,

Donne moi ta guitare

Ce soir je m'en vais leur faire voir

Que je n'ai pas perdu mon temps.

Dis Pedro

Donne moi ta guitare,

Avant l'heure de ma dernière heure

Entends déjà les femmes pleurent

En attendant.

Dis Pedro

Donne moi ta guitare

Ce soir je vais leur faire voir

Que mes doigts ont toujours 20 ans

Je vais mourir

Sans un regret

Sans un regard autour de moi

Je ne vais chanter que pour toi

Tu vois Pedro je meurs content

Les airs d'autrefois

Ceux d'aujourd'hui

Ceux de toujours

Entre mes mains se meurent d'amour

Tu vois Pedro je meurs content

Dis Pedro

Donne moi ta guitare

Je vais lui caresser le cœur

Entends déjà les femmes pleurent

En attendant

Dis Pedro

Donne moi ta guitare

Ce soir je m'en vais leur faire voir

Que je n'ai pas perdu mon temps

Dis Pedro

Donne moi ta guitare

Y'a du monde dans le couloir

Entends déjà les femmes pleurent

En attendant

Dis Pedro

Donne moi ta guitare

Ce soir je m'en vais leur faire voir

Que mon cœur a toujours 20 ans

Je vais mourir

Sans un regret

En regardant le ciel dans les yeux

Je vais mourir comme je veux

Tu vois Pedro

Je meurs content

J'ai au fond de moi

Assez de vie, assez d'amour

Pour lancer à mon dernier jour

Comme un défi, Je meurs content

Dis Pedro,

Donne moi ta guitare

Y'a quelque chose en moi qui meurt

Entends déjà les femmes parlent

En attendant,

Dis Pedro

Donne moi ta guitare

J'aurais tant voulu leur faire voir

Il me reste si peu de temps...

Dis Pedro,

Donne moi ta guitare

J'entends déjà mon cœur qui pleure

Les femmes dehors ont si peur

En attendant

Dis Pedro,

C'est la fin de l'histoire

C'est le dernier moment de gloire

Je vais mourir, comme à 20 ans

Je vais mourir

Sans un regret

Un accord planté dans le cœur

Qu'importe ces femmes qui pleurent

Tu vois Pedro je meurs content

Ne me pleure pas

Surtout ne me regarde pas

Ne parle pas

Tu vois Pedro je meurs content

Ne me pleure pas

Ne parle pas

Surtout ne me regarde pas

Écoute moi tu vois Pedro

Je meurs content

Ne me pleure pas, ne me parle pas

Surtout ne me regarde pas

Écoute moi, Pedro je meurs content

 

 


 

Donnez-moi une musique

 

Paroles : Serge Lama – Musique :

 

 

Donnez-moi une musique

Qui donne envie de chanter

Mi poème, mi cantique

Mi caresse, mi clarté

Donnez-moi une musique

Qui soit de chair et de soie

Donnez-moi une musique

À moi

Qui soit comme la femme

Qu'on redoute mais qu'on attend

Qui soit comme la femme

Qu'on aimera longtemps

Donnez-moi une musique

Qui agenouille les rois

Donnez-moi une musique

À moi

Qui soit comme la femme

Qu'on défie, mais qu'on défend

Belle comme la femme

Qui porte notre enfant

Donnez-moi une musique

Qui chante bien dans ma voix

Donnez-moi une musique

À moi

 


Du ventre plat au ventre rond

Musique : Alice Dona

1978  "Enfadolescencee"

 

Du ventre plat au ventre rond
T'a eu l'espace d'un frisson
Un bref éclair et dans ton corps un bruit d'orage
Comme si sur mon cheval noir
Venu du fond de ta mémoire
Un Attila balayait tout sur son passage
Et au bout de quelques semaines
Sous la terre où sa course a fui
On m'a dit qu'il t'était poussé un drôle de fruit.

Et te voilà qui porte dans ton ventre
Ce bout de terre que le ciel t'a planté
Et qui demain comme une île flottante
Dérivera, s'engloutira, t'engloutira

Du ventre plat au ventre rond
Y a eu cette pluie sur ton front
Des cheveux bruns ébouriffés, des mains qui luttent
Et puis soudain plus rien à voir
T'as eu comme un trou de mémoire
Un grand vertige et puis l'abîme, et puis la chute
Et au bout de quelques semaines
Alors que tu n'y pensais plus
Tu es devenue la maison d'un inconnu

Et le voilà qui bouge dans ton ventre
Ce conquérant, ce soldat, ce guerrier
Qui mord ta vie de sa bouche insolente
Et qui demain s'échappera, t'échappera

Du ventre plat au ventre rond
Ne restera que son prénom
Que ses copains crieront à la sortie des classes
Et tu auras beau fouiller le soir
Le livre ancien de ta mémoire
De ce plaisir d'amour d'une heure, plus une trace
Et la douleur sera lointaine
Qui aura crucifié ta peau
Juste avant qu'il ne dorme en paix dans son berceau

Et le voilà qui torture ton ventre
Enfant gâté, il trépigne déjà
Et le voilà déjà qui s'impatiente
Au fond de toi, pour s'en aller
Là-bas, là-bas
Cet enfant là, Maman, c'est moi
 

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